Janvier 2006
Nous montons des visites guidées dans le cadre de l’inauguration du Théâtre Municipal de Rezé (44) refait à neuf. Le public assiste, entre autres, à une répétition publique soi-disant non préméditée de « La mort d’Elga ». Je fais jouer cette scène par Pierre Séverin (Cirkatomic) et Nathalie Desouches (Liberté Egalité Fraternité).
Cette fausse répétition est pour nous une manière d’occuper les deux tiers des spectateurs, pendant que le troisième tiers s’engouffre pour visiter les loges étroites de ce vieux théâtre. Et nous voilà pris à notre propre piège, certains spectateurs se désintéressent des loges pour ne plus quitter cette répétition publique si délirante.
Les mois suivants, on me parle très souvent de cette fausse répétition dont il faudrait absolument faire un vrai spectacle et cet engouement me rappelle une certaine « Affaire Sardines » créée pour n’être jouée qu’un seul week-end, celui des « Arts dînent à l’huile – Douarnenez 99 »…
Juin 2006
La Scène Nationale de Château-Gontier (53) nous invite à venir jouer « La mort d’Elga » pendant son week-end Arts de la rue. Le contrat est clair : ce spectacle n’existe pas, mais ces trois représentations seront l’occasion de tester hors de son contexte ce que nous avions fait à Rezé pour les visites du théâtre.
C’est de là que tout part. Non seulement le public reste et revient sous la pluie au fil des séances, mais le trajet retour, trop court, ne sera pas suffisant pour noter toutes les idées concernant cette nouvelle création. Pierre Séverin accepte que je reprenne son rôle dont j’ai si envie, par contre, Nathalie Desouches n’est pas sûre de souhaiter poursuivre ce rôle qu’elle a si bien porté. Qu’importe, je ne suis pas pressé, juste impatient.
Août 2006
Cet été, j’ai regardé les artistes de rue et leurs créations d’un autre œil. Je cherche ma Scarlett O’Hara, mon Elga. Elle doit être très bonne comédienne, motivée pour ce projet, endurante pour la rue, douée pour l’improvisation et la répartie. Elle doit avoir la niac pour me tenir tête sur scène et elle doit être… disponible ! En effet, j’aime qu’un spectacle soit joué « juste une fois » ou « tous les week-ends ». Entre les deux, je trouve que ça devient vite du bricolage. Sans Elga idéale, il n’y aura pas de projet !
Marie Bougeard, comédienne chez Opéra Pagaï, j’en rêvais ! Mais cette compagnie à tellement le vent en poupe. Comment Marie peut-elle être disponible ? Et puis il y a la chance. Notre rencontre artistique tombe à pic pour l’un comme pour l’autre. Tout va vite. Nous parlons, nous répétons, nous laissons passer l’heure, nous sommes déjà en train de monter notre duo.
Automne 2006 & printemps 2007
Nous écrivons notre spectacle, nous improvisons beaucoup, nous testons notre travail en public lors de résidences au Fourneau en Bretagne, à Arras et dans notre salle à Nantes. Nous travaillons sous le regard de Claudine Merceron (les p'tites affaires), puis sous celui de Claudia Nottale (j'ai mis une jupe) pour finaliser notre spectacle.
Juin 2007
Nous présentons au festival de Sotteville-lès-Rouens un spectacle conforme au projet que nous avions imaginé.