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Sanka la rue
Sauve qui peut les finances ! Après la gamelle de Abyss' Fantaisy, je me souviens avoir tenu une semaine avec 5 Fr (moins d'un Euros). Merci aux amis pour les nombreuses invitations à dîner. Merci aussi aux fournisseurs patients et à la banque qui a suivi en 1998, pour ne nous lâcher qu'en 2008 (pas très réactif les banquiers !) et cette fois sans mobile apparent. Parenthèse sur le sujet : au terme de quinze ans de collaboration, nos critères ne sont plus appréciés de l'ordinateur central et ça n'est plus l'homme qui décide !
Pour l'heure, en 1999, j'ai déjà épongé une partie des dettes de l'asso, mais je me suis oublié et je n'ai plus de quoi manger, sans compter les cinq mois loyers en retard. Je crée Sanka la rue, une sorte de one man show où chaque sketch est épaulé d'un visuel fort. On trouve dans ce spectacle fourre tout le plus petit son et lumière du monde, une leçon de fabrication de hamburgers, étayée de diapositives de la Nasa (véridique), un sitcom avec des poupées Barbie et... trois sketches racontant un feuilleton avec des diapos de boîtes de sardines.
Il me faut jouer dans l'urgence. Je contacte les bars de l'Ouest de la France en proposant ce spectacle, soi-disant, écrit pour eux. Mais comme avec les bistrotiers, tout est toujours possible, mais rien ne se fait dans l'immédiateté, je force leur décision en expliquant : "ce spectacle sera ma tournée d'adieu à ce réseau qui m'a construit, je ne joue que du 1er avril au 30 juin, c'est à prendre ou à laisser !" Soixante bar suivront, 60 représentations en 91 jours ! Trois mois auparavant, je n'avais ni spectacle, ni une seule date de tournée sur mon calendrier.
L'envers du décor, c'est la précipitation. Le public s'en va aux trois premières représentations. Il faut dire que je ne connais même pas tout mon texte. J'annule la quatrième afin de disposer de trois jours de suite pour retravailler et c'est reparti. Cette fois ça tient sa promesse. On ne comprendra pas pourquoi je veux arrêter si vite, après seulement trois mois de tournée. J'en ai marre de dormir dans ma R11 sur les parkings.
À Rennes où je joue pendant une semaine, un bar par soir, la radio Canal B me met en rapport avec un certain JC, instigateur des Arts dînent à l'huile à Douarnenez. Nous nous entendons par téléphone : "oui, je viendrais avec mes sketches à base de boîtes de sardines et je vais même n'apporter que ça. Appelons ça L'affaire Sardines..."
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