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Avant le spectacle
Comment tout à démarré ?
Juste avant de jouer mon premier spectacle, j'avais 27 ans et professionnellement, tout allait bien. Pour faire court, j'étais commercial dans la pub., mais ce qui est important pour la suite est avant. Tout à commencé au lycée où j'ai écris plus d'un millier de poèmes. C'était mon exutoire. J'avais toujours un carnet en poche et j'écrivais n'importe quand n'importe où. En cours, dans des fêtes, dans ma chambre, juste avant de passer à table, j'écrivais en réaction aux émotions que me procuraient tout ce que je vivais. À cette époque, j'ai eu le sentiment de devenir une sorte de laboratoire vivant. Je m'auto analysais en permanence, c'est le style de vie que j'avais trouvé pour supporter mon débordement émotionnel, à la manière d'un correspondant de presse, couvrant la guerre pour ne pas avoir à la faire.
À cette époque, j'avais deux rêves : devenir chanteur ou réalisateur de films. J'y pensais tout le temps et je n'ai jamais rien entrepris pour y parvenir. C'était des rêves. Pour mes proches, je devenais de plus en plus envahissant en leur lisant certains de mes poèmes, en en laissant traîner d'autres par fausse négligence. Tout était tapé à la machine à écrire, photocopié et archivé en cinq recueils aux titres choisis :
- Pseudo Poèmes fragiles (période motard au lycée)
- Deuxième couperet (période étudiant en couple)
- La fuite en avant marche (le service militaire)
- Enfin libre (période commercial célibataire)
- Cinquième du nom (période chansons et sketches)
- Six (période j'ai d'autres choses artistiques à faire)
Le problème avec les poèmes, c'est qu'ils ne sont, le plus souvent, lus par personne. Surtout pas par moi. J'ai honte encore aujourd'hui de n'avoir pas lu plus de dix livres dans ma vie. À chaque fois que j'en commence un, je prends vite une feuille de papier pour créer au lieu de lire et j'oublie de le reprendre après. J'ai toujours eu le sentiment d'écrire mes poèmes comme si je construisais des fondations, la partie souterraine d'un autre édifice. Aujourd'hui, ils sont un peu les colonnes de mon parking souterrain dans lequel je me recueille lorsque j'en ai besoin.

En 1992, j'ai commencé à aller écouter des groupes de musique dans les bars Nantais. Jusqu'à présent pour moi, le théâtre n'existait pas et la musique sur scène se résumait à un concert de Supertramp dans un Palais des Sports. Découvrir ces groupes a été mon premier déclic. J'ai sympathisé avec un groupe qui s'appelait Shatsee. Je voulais que des gens chantent mes textes, mais avec ma cravate de commercial, ça n'était pas gagné !
Comme je croyais ne pas savoir chanter, j'ai décidé de m'écrire des sketches pour aller les jouer moi aussi dans les bars. L'objectif était clair : pouvoir entretenir des conversations d'égal à égal avec d'autres artistes pour qu'ils chantent mes chansons. C'est là que je me suis fait attraper. Le soir de ma première représentation de Quelle heure est-elle ?, je n'ai pas dormi, ni les deux soirs suivants. Plus rien d'autre ne m'intéressait, dorénavant, je voulais écrire et jouer !...
C'est à peu près à la même époque que j'ai commencé à assumer mon souhait de photographier des femmes nues.
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